Le projet « Gens de... »


Projet « Gens de... »

Qu'est-ce que « Gens de... » ?

Dans ses années d'étude, dalie Farah a découvert Gens de Dublin. Ce recueil de Joyce l'a marquée tant par son esthétique que par son sens tragique, mystique et social. Comme les gens de Dublin de Joyce, elle n'a jamais quitté Clermont-Ferrand. Dalie aime sa ville, qui recèle pour elle des possibles infinis de littérature. C'est pour cela qu'elle a initié sa série « Gens de... » par la ville de Clermont.

Comme écrivain public, sa démarche est d'écrire « pour ». Non pas « au nom de », ni même « à la place de », mais de mettre au service des habitants un artisanat qui lui est cher : l'écriture. Ainsi, elle travaille très souvent avec des associations ou des instances qui ne sont pas à proprement parler des lieux de production culturelle. « L'art est dans la ville, dans les gens, je l'ai toujours su. Mon plaisir est d'écrire sur-mesure dans la contrainte du réel, des personnes qui se confient à moi et de celles qui incarnent mes textes ».

Ainsi, elle a décidé de créer une œuvre sans fin : écrire les « Gens de... » partout. C'est une utopie littéraire, philosophique, sociale et artistique que les Compagnons peuvent porter partout en France.

Son travail est un travail d'immersion, d'empathie, de réception, de partage, de transmission : documenter les gens depuis leur singularité c'est les écrire depuis le lieu où ils habitent, les événements qu'ils vivent, l'histoire de leur enfance, la matérialité sensible de leur présence ici et maintenant.

Écrire les « Gens de... » pour dire et accompagner tous les « gens »

Recueil de parole par dalie Farah

À travers le récit singulier, l'expérience de chacun, le spectateur peut saisir une réalité dans sa complexité, son ambivalence. Il peut alors amorcer un dialogue avec sa propre expérience : il n'est pas seul face à son histoire, il partage des joies et des peines avec d'autres. Le récit permet une catharsis et une réflexion personnelle. L'autre devient le miroir de soi, c'est troublant mais cela apaise.

« Les gens » sont des gens, ni des héros, ni des martyrs, des êtres qui font ce qu'ils peuvent pour affronter les épreuves et trouver une manière de vivre la moins douloureuse.

Comment se passe le recueil de paroles ?

Le passage de la voix à l'écriture est un passage de transformation que dalie Farah voit comme un acte artisanal de proximité. Le recueil est fondé sur un lien don/contre-don : lors d'un échange les personnes offrent leurs mots et elle offre les siens. Sous forme de rendez-vous ou de manière aléatoire, seul, en duo ou en groupe, elle prend en notes ce qui est dit et elle opère ensuite dans la foulée l'écriture du texte. Elle élabore un travail d'écriture ;ce n'est pas une retranscription mais une réécriture qui permet de composer un texte qui raconte mais aussi analyse un sujet.

Les « nouveaux commanditaires »

Tout le monde peut commander un texte.

Ce programme issu des arts plastiques peut être transposé à l'écriture. Les commandes d'écritures ne sont pas l'objet exclusif de structures culturelles mais peuvent être la demande d'associations, de tiers-lieux, de diverses structures sociales. À l'image du geste de l'écrivain public, l'écriture se met au service de la cité pour documenter les « gens » pour et par eux-mêmes.

Exemples :

  • écrire pour les habitants d’un quartier politique de la ville ;
  • écrire pour une scène nationale ;
  • écrire pour un tiers-lieu ;
  • écrire pour le Pôle funéraire d’une municipalité ;
  • écrire pour une association d’entraide ;
  • écrire pour une association de consommateurs et d’usager ;
  • écrire pour une librairie ;
  • écrire pour un festival.