De la lecture


Affiche : De la lecture

Présentation

À partir d'extraits d'Impasse Verlaine et d'une pièce de théâtre écrite après un recueil de paroles, Lis ou jette des pierres au soleil, je raconte ce que la lecture (me) fait, ce que le livre peut et a pu représenter.

Infos

  • Nature : Lecture musicale
  • Durée indicative : 45min
  • Création : 2024
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  • Texte : dalie Farah
  • Musique : Manu Bigeard

Compagnons ayant participé aux représentations

Manu Bigeard , dalie Farah

Extrait

Je désobéis, je lis sans arrêt. Le livre est le lieu d'émancipations mais aussi de trahisons, c'est du livre que me viennent toutes mes ruptures, la langue que je maîtrise m'élève et m'abat, les histoires que je lis, m'ouvre et m'enferme.

J'en sais plus que mes parents, c'est beau et c'est un peu l'ahchouma. Les livres cachent mes hontes. Ecrire a longtemps été la doublure de la lecture, j'écrivais dans une naïveté paisible, je n'aurais jamais envisagé de devenir écrivaine, j'étais persuadée qu'un écrivain c'était un homme blanc, mort, parfois moustachu. J'ai écrit comme je lisais sans me chercher une légitimité, je ne porte pas de moustache.

Un livre qu'on écrit ne soigne pas mais un livre qu'on lit peut apaiser, donner de la force pour persévérer. Non, raconter ses malheurs ne les font pas taire, mais oui, les explorer par la littérature les transforme. Le temps des larmes est chez moi un temps infécond, c'est celui du pathos, il existe ; comment y échapper ? Mais il ne se confond pas avec celui du roman : je réécris beaucoup et ne suis satisfaite que lorsque j'ai un sentiment d'exactitude vis-à-vis des faits, quand l'émotion a cessé sa dictature pour laisser place à l'empire de la joie.

Je crois qu'il n'est pas si juste de croire qu'on se soigne de sa vie. Je ne suis pas malade de ce que j'ai vécu : cela m'a fabriquée.

Quelques photos