Gens de Cournon II

Fières !

Destins de femmes de 18 à 25 ans


Affiche : GCo II - Fières !

Présentation

Une cournonnaise est une habitante de Cournon d'Auvergne, ville à 9.6 km au Sud-Est de Clermont-Ferrand. C'est la seconde fois que je recueille des paroles de femmes dans cette ville, cette fois, la ville via la Baie des singes voudraient aussi de la musique, et me donne la chance et l'occasion de participer à la création d'un EP de cinq morceaux (voir plus bas).

Pour ce second recueil de paroles, il n'y avait pas de charte, pas d'angle, pas de demandes institutionnelles. Il s'agissait de rencontrer des jeunes femmes volontaires entre 18 et 25 ans. Les voix qui composent ce texte ne représentent pas toutes les femmes de la ville de Cournon, elles sont un chœur hasardeux, celui d'une vingtaine de rendez-vous à la Maison du citoyen et… de la citoyenne. Leur prénom a été changé pour la plupart d'entre elles. Elles ne représentent pas une majorité, ni une minorité, celles qui sont venues avaient envie de dire quelque chose d'elle-même, envie que leur vie soit transformée en mots.

On ne sait jamais rien des gens, encore moins des femmes, on ne sait rien de leurs colères profondes, de leur désir véritable, de leur vie. On les voudrait comme des saintes ou comme des monstres, mais elles ne sont ni l'un, ni l'autre ; les femmes que j'écoute font ce qu'elles peuvent pour faire plaisir aux modèles sociaux dans lesquels elles sont nées. Leurs mots racontent des douleurs, des drames, des tragédies. Leurs histoires sont dures, mais toutes révèlent une force, celle de la vie. Ces femmes disent la vérité et ont le courage d'affronter leur présent et leur passé. Ces moments de dialogue ont été des moments émus, intenses, des moments tendres, vrais ; leurs vies ne sont pas faciles et toutes celles que j'ai entendues font comme elles peuvent, toujours en légitime défense de vivre.

dalie

Infos

  • Nature : Drame musical
  • Durée indicative : 1h30
  • Création : 2024
  • Commanditaire : La Baie des Singes
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  • Texte : dalie Farah
  • Musique : Malik Adda, Julien Bertrand, Manu Bigeard, Macy Lu, Benjamin Gouhier

Compagnons ayant participé aux représentations

Maritza , Malik Adda , Julien Bertrand , Manu Bigeard , Béa Chatron , Macy Lu , Fanny , dalie Farah , Benjamin Gouhier , Constance Mathillon , Lamia , Rachda , Wissale

Extrait

MARITZA- J'ai 25 ans, je m'appelle Angélica. Je suis née à Bogota en Colombie et ensuite j'ai été adoptée. Ma mère, s'appelle Joanna mais je ne la connais pas. Elle m'a abandonnée. Et je ne sais pas pourquoi. Pourquoi on laisse son enfant ? Pourquoi une petite fille ne peut pas être aimée par sa mère, je ne sais pas. J'ai été adoptée, j'ai eu une famille ici en France. Mais j'étais instable. J'ai été instable pendant longtemps. Longtemps j'ai été instable. Connaître la psychiatrie à 14 ans, c'est difficile. J'ai été instable parce que la souffrance ça rend instable. Avant j'en voulais aussi à ma mère adoptive, je lui ai fait du mal. J'étais explosive avec elle. Oui, je le regrette aujourd'hui, mais oui, je faisais des crises, j'étais en colère contre cet amour qu'on ne m'a pas donné à la naissance et contre la situation, cela m'a rendue malade. Là j'ai un traitement depuis un an, je n'ai jamais été aussi stable. J'oublie la souffrance, ça me fait drôle les journées qui passent sans avoir mal. Surtout que j'ai un fils, il aura deux ans en juillet. Il est très beau. Il est adorable. Je l'aime tellement. C'est mon fils, mon bébé que j'ai eu. Mais je n'ai pas pu le garder.

Son papa je l'ai connu dans un bus, un truc un peu banal, mais qui m'a fait du bien, il m'a parlé, je me suis trouvée belle quand il m'a accostée, lui il avait ce côté bad boy, et il était beau et voilà. J'aimais être avec lui. Je me sentais importante. Quelqu'un qui s'intéresse à moi comme ça. 5 mois après notre rencontre, il me frappait, et moi, je pleurais. C'est devenu une habitude, il me frappait pour un rien, et je me suis mise à avoir peur de lui. Une fois, j'ai eu tellement peur que j'ai sauté par la fenêtre. Oui, il y avait plusieurs étages. J'aurais pu mourir. Je me rappelle quand les pompiers sont venus, quand je me suis retrouvée à l'hôpital, j'étais blessée, en miettes, toute cassée, mais quand mon copain est parti, je me suis sentie abandonnée, totalement abandonnée. J'ai mis des mois et des mois à être réparée mais je ne l'ai pas quitté. Je sais que ça n'a pas de sens.

EP

Quelques photos