L'obscène


Affiche : L'obscène

Présentation

À travers des extraits de mes trois premiers romans, j'explore la notion d’obscénité, une généalogie de la violence dévoile des mécanismes dont la nudité offre une « obscénité » salvatrice : mettre devant la scène, c’est-à-dire devant les yeux des récits qui documentent et analysent permet d’espérer une émancipation sans fard.

Infos

  • Nature : Lecture musicale
  • Durée indicative : 45min
  • Création : 2023
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  • Texte : dalie Farah
  • Musique : Manu Bigeard

Compagnons ayant participé aux représentations

Manu Bigeard , dalie Farah

Extraits

#1

Obscène : ce qui est devant, ce que l’on montre, devant la scène, qui est là visible et ne devrait pas. Obscène : ce qui blesse la pudeur, le bon goût, paroles, actions, images. Notamment dans le domaine de la sexualité. Obscène : Ce qui doit être censuré. Pour le bon goût. Pour l’œil et l’oreille. Pour les conventions. Obscène : trivialité et crudité funeste, dangereuse, réprouvée. Voilà pour le dictionnaire. En littérature, il y a la juste obscénité et l’autre.

#2

Dans mon premier roman Impasse Verlaine, je raconte deux enfances, je raconte un lien, entre une mère et sa fille, un lien paradoxal, où l’amour et la violence se côtoient, roman à matière autobiographique, je raconte aussi le huis-clos, l’intime, c’est obscène, je n’ai pas peur de dire, dire ce qui est juste, dire ce qui a eu lieu, je mets devant la scène littéraire ce qui était derrière les murs du H.L.M. Obscène. Obscène le récit d’une naissance dont on ne souvient pas ? Obscène une morale en suspens qui ne juge pas ? Obscène les mots du corps, la crudité des gestes ? Obscène la reconstitution qui cherche la vérité ? Obscène la victoire rusée de la honte qui veut se cacher ? Non, ce qui serait véritablement obscène, c’est la quête du pathos contraire à la littérature.

#3

Dans mon deuxième roman, je raconte un geste, un geste qui va contre le bon goût, un geste qui ne se fait pas, un geste qui blesse la pudeur, un geste à connotation sexuelle, c’est obscène, ce roman s’appelle Le Doigt. Le geste a eu lieu dans la réalité, il est l’objet littéraire, le geste insolent qui veut la littérature.

#4

Dans mon troisième roman, Retrouver Fiona, je raconte un fait ; un fait funeste, un fait tabou, un fait auquel on ne veut pas penser, des vérités qu’on ne veut pas connaître, je raconte un infanticide, une affaire qui a fait du mal, une affaire impossible, l’affaire Fiona, je raconte la généalogie d’un crime, c’est obscène. Obscène un titre avec le prénom d’une enfant morte ? Obscène le récit de la peur et des fantasmes de la peur. Obscène la littérature sur des gens de rien ? Obscène l’écriture du mal, du sale de la criminalité humaine ? L’obscène est un angle de vue, un angle moral, lorsqu’il profite au mépris, je le combats, lorsqu’il profite à la littérature, je le soutiens.